Lait bébé : comment bien choisir son lait infantile en poudre ?

Le lait est un aliment indispensable aux bébés ; il doit être la source d’alimentation exclusive des nourrissons jusqu’à 6 mois (recommandation de l’OMS), puis rester la première source d’alimentation jusqu’aux un an de l’enfant. Bien que le lait maternel est, et restera toujours, la meilleure source d’alimentation pour votre enfant (car il évolue au fil de la journée et des mois pour s’adapter à son âge, ses besoins, son état de santé), il se peut que vous cherchiez un lait en poudre pour diverses raisons : vous souhaitez arrêter votre allaitement, vous ne souhaitez pas du tout allaiter, vous souhaitez avoir un lait de relais pendant une absence… Je vous explique donc dans cet article sur quels critères choisir votre lait en poudre pour votre bébé.

Pour mieux comprendre les tenants et aboutissants de cette industrie et de la composition des laits infantiles, j’ai eu l’opportunité de visiter une laiterie industrielle produisant, entre autres, du lait bébé, afin de poser toutes mes questions et comprendre les enjeux sanitaires et réglementaires du marché. D’ailleurs, les laiteries doivent se plier aux exigences des marques : elles aimeraient souvent proposer des produits de meilleure qualité et investir en ce sens, mais la réalité du marché (notamment les prix cibles) des marques les obligent à s’adapter au niveau de qualité, souvent moindre, demandé.

Si vous êtes déjà venu.e.s sur mon blog, vous connaissez sûrement mes tableaux comparatifs et notamment ceux sur les couches pour bébé, vous aidant à choisir la marque la plus adaptée à vos critères. Je prépare actuellement un comparatif sur les laits en poudre du marché français. Pour être au courant de sa publication en avant-première, vous pouvez vous inscrire à ma newsletter.

Est-ce obligatoire d’utiliser du lait infantile ?

Déjà, posons les bases : qu’est-ce qu’un PCN (préparation commerciale pour nourrisson) ? C’est une préparation de substitut au lait maternel, tentant de s’en rapprocher au mieux (il ne sera cependant jamais possible d’en être identique à 100%). Leur composition évolue en fonction de la formule : lait premier âge (0-6 mois), lait 2e âge (6-12 mois), lait de croissance (12-36 mois).

Si votre bébé est nourri au lait artificiel, oui, c’est obligatoire d’utiliser un lait artificiel (souvent appelé, à tort par les industriels, « lait maternisé ») plutôt que du lait de vache classique de grande distribution. Pourquoi ? Parce que le lait infantile est transformé de manière à apporter les vitamines, protéines et nutriments nécessaires à son développement. Également, il ne faut JAMAIS opter pour des laits végétaux pour nourrir votre bébé (type lait d’amande ou de riz, achetés en grande surface – des laits infantiles végétaux peuvent être prescrits par un médecin en cas d’allergie aux protéines de lait de vache).

A noter que si vous vous pensez obligée de recourir au lait infantile, car forcée de stopper votre allaitement en raison d’une absence imprévue, d’un pépin d’allaitement ou d’un retour au travail, il existe des alternatives et il est tout à fait possible de maintenir votre allaitement ! Vous pouvez vous tourner vers une association dédiée ou une consultante en lactation IBCLC pour avoir des conseils adaptés à votre situation (je parle un peu plus des ressources indispensables dans cet article). Je l’ai dit, et me répète : le lait maternel est toujours la meilleure option pour votre bébé (et de la même manière : ne pas vouloir allaiter ne fera jamais de vous une mauvaise mère !). Mon premier enfant a été élevé au biberon, mon second a été allaité jusqu’à ses 18 mois : je connais bien les avantages et inconvénients de chaque méthode, et les contraintes personnelles qui rythment la vie des jeunes mamans. Un choix éclairé, fait en pleine conscience et sereinement, sera le meilleur choix pour VOUS et VOTRE bébé.

lait en poudre bébé

Lait bébé : ce qu’il faut savoir sur leur composition

A l’heure actuelle, 1 lait infantile sur 2 vendu sur le marché français ne serait pas fabriqué en France. Au-delà de l’impact carbone qu’une production étrangère implique, cela peut également soulever des questions en matière de qualité de production. On a tout de même de la chance, en France, d’avoir une réglementation qui encadre la production de lait infantile, selon des normes et dosages très stricts, afin de veiller à la santé de nos bébés (ce qui n’est, étonnamment, pas le cas pour les couches bébés – raison pour laquelle j’ai créé le premier label indépendant du marché). Pour autant, les grandes marques du secteur optent-elles pour les meilleures formules, ou orientent-elles leurs choix pour des formules plus rentables, au détriment de la qualité ? Malheureusement, c’est souvent la deuxième option qui est retenue : les grands groupes tirent les prix vers le bas, tout en conservant une marge confortable pour assurer leurs coûts de distribution et de marketing. Choix étonnant, quand on sait que les marques de lait 1er âge sont interdites de communication… Il n’est pourtant pas rare de voir des spots télé, ou influenceuses rémunérées pour en parler !

Les scandales sanitaires de l’industrie du lait en poudre

Régulièrement, des scandales sanitaires font leur apparition dans cette industrie : contamination aux MOAH (métaux lourds), contamination à la salmonelle, et plus récemment, la fermeture du plus grand industriel aux US à cause de la salmonelle, créant une pénurie de grande ampleur sur le territoire, obligeant le pays à créer des ponts aériens d’approvisionnement depuis la Chine !

Il semble pourtant impossible, pour les consommateurs lambda et naïfs comme moi, qu’un produit aussi crucial dans la santé et le bon développement des nourrissons, encadré par des normes si strictes, ne soit pas plus surveillé que ça. Certaines analyses toxicologiques ne sont réalisées qu’une fois par an au sein des usines de production (alors que c’est devenu monnaie courante dans le secteur des couches, à l’initiative des marques), pouvant laisser des bactéries traîner plusieurs mois sans être détectées (la salmonelle par exemple, pouvant rester « dormante » dans des joints de carrelage, et rééxposée dans une usine lors de travaux…). On a aussi vu ce même type de scandale sanitaire plus récemment, avec Kinder, qui a commencé en avril le rappel de certains lots de Kinder Surprise… jusqu’aux calendriers de l’avent du Noël précédent : des analyses peu régulières, laissant la place au doute !

comment choisir lait bébé

Que contient un lait infantile en poudre, et quels critères faut-il regarder quand on le choisit ?

Une liste d’ingrédients à rallonge sur une boîte de lait bébé ne doit pas vous inquiéter : une trentaine d’ingrédients est nécessaire pour le lait infantile (protéines, matières grasses, glucides, vitamines, minéraux…), essentiels pour le développement de l’enfant. Pour autant, leur dosage et leur provenance influent sur la qualité du lait. Voici un récapitulatif des ingrédients contenus dans du lait bébé :

Les protéines : le lait

En général, hors problème de santé et recommandations médicales spécifiques, ce sera du lait de vache. Bien entendu, le lait de vache tel quel n’est pas adapté pour l’estomac des bébés, puisqu’il est initialement prévu pour faire grandir et grossir des veaux (une carrure un peu plus importante qu’un nourrisson – surtout que le veau sait marcher dès la naissance, lui !). Ses molécules (notamment les protéines) seront éclatées pour le reconstituer selon les besoins du bébé. L’idéal est de le choisir bio, pour éviter qu’il contienne des antibiotiques (dont la teneur n’est encadrée par aucune réglementation !) ou tout autre résidu toxique – et c’est encore mieux s’il provient d’une coopérative encadrée (comme celle de Biolait par exemple), il implique un fort engagement des agriculteurs pour le bien-être animal, évitant de se retrouver avec du lait bourré d’antibiotiques de vaches parquées par centaines dans des fermes-usines.

En matière de qualité, le lait bébé peut être issu du lait écrémé, du lactose, du lactosérum déminéralisé (dans ce cas-là, il faut rajouter des huiles végétales en quantité pour éviter les carences) ou encore des protéines de lait de vache.  Ensuite, le lait bébé doit avoir une faible teneur en protéines : le lait maternel contenant environ 10g de protéines par litre, un PCN 1er âge doit idéalement être inférieur à 1,36g pour 100 ml (soit 13,6g par litre). Enfin, il faut porter une attention particulière au ratio caséine / protéine qui, s’il est mal équilibré, peut entraîner un déséquilibre du système digestif du bébé. Un ratio trop important en caséine entraîne des régurgitations, tandis qu’un ratio trop important en protéines entraîne une constipation (et on rajoute, de fait, des additifs pour « estomper » ces problèmes). Le ratio caséine / protéine idéal pour un lait infantilee (similaire à celui du lait maternel) est de 40/60 pour du premier âge, 45/55 pour du deuxième âge, et 50/50 pour du lait de croissance.

Les glucides

La source de glucides des PCN peut être composée de maltodextrine, lactose, maltose ou encore saccharose.

Les matières grasses

Le rapport idéal d’acides gras essentiels doit être de 1 Oméga-3 pour 5 Oméga-6 pour être identique à celui du lait maternel, qui contient 40 à 60 % de graisses saturées, 35 % de mono insaturées et 15 à 20 % de polyinsaturés. Il est également important d’y trouver des ARA et DHA (14 à 35g pour 100ml chacun), car le développement neural et rétinien est moins important si les 2 ne sont pas combinés.

La plupart des acides gras se trouvent dans des huiles animales. Le reste des matières grasses se trouve dans les huiles végétales, souvent colza ou tournesol, coco, olive, maïs… Il est préférable d’opter pour un lait sans huile de palme qui, au-delà de son son fort impact environnemental, serait pro-inflammatoire et déconseillée pour les bébés.  Pour les industriels, elle est intéressante d’un point de vue financier et pour le pouvoir antioxydant de ses tocophérols. L’huile de coco et de tournesol ont des acides gras équilibrés, celle de coco a la composition en acides gras la plus similaire au lait maternel.

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Les vitamines

On ajoute des vitamines aux PCN car certaines ne sont pas créées par le corps des nourrissons, mais pourtant essentielles à leur bon fonctionnement. C’est notamment le cas des vitamines A, B, D, E, C et K.

La vitamine D doit vous être familière, puisque l’on vous recommande d’en supplémenter quotidiennement votre bébé dès sa naissance. La vitamine D est en effet essentielle pour la croissance et le développement osseux des bébés, une carence ou un excès peut entraîner de graves malformations, fragilités osseuses et retards de croissance. L’exposition régulière au soleil ne suffit pas à synthétiser les doses recommandées (1000 ui par jour pour les bébés). Idéalement, une « bonne » vitamine D et une vitamine d’origine végétale, D2 ou D3, issue de l’algue ou du liquen plutôt que de la lanoline (vous pouvez en choisir une clean grâce au comparatif d’Objectif Bébé Bio).

Les minéraux

Les minéraux classiques que l’on retrouve dans notre alimentation quotidienne : magnésium, potassium, zinc, fer… La teneur en sodium doit être en dessous de 23,6mg pour 100ml.

D’autres ajouts (parfois indésirables)

La présence de taurine dans les laits infantiles reste discutable en raison de la faible capacité de synthèse des nourrissons de ce nutriment semi-essentiel. Sa teneur ne doit pas dépasser les 12mg/100kcal.

Comme indiqué un peu plus haut, sur de rares cas, des composés toxiques ont pu se retrouver dans les laits infantiles dû à un manque de vigilance au sein des usines de production, métaux lourds, salmonelle, aluminium… Mais ces cas restent rares et isolés, et bien heureusement pas considérés comme des ingrédients systématiques !

En conclusion

La composition des laits infantiles est difficile à décrypter, d’autant plus lorsque les marques ne communiquent pas clairement sur les ingrédients, leurs dosages et provenance. En attendant la publication de mon comparatif dédié dans lequel je décrypterai l’ensemble des marques du marché et leur formulation (pour être notifié de sa publication, inscrivez-vous à ma newsletter), vous pouvez vous rapprocher directement de vos marques habituelles pour leur demander des informations à ce sujet.

Enfin, n’oubliez pas que tout changement de lait infantile doit se faire de manière progressive pour ne pas brusquer l’estomac de votre bébé, et jamais sans l’avis médical d’un professionnel de santé qui suit votre bébé. Une information lue sur internet ne prévaut jamais les recommandations de votre médecin 🙂

Et vous, pour quel lait bébé avez-vous opté ? Et pourquoi ?

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Liste d'ingrédients pour choisir un lait infantile
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